Discovery Uzbekistan
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Discovery Uzbekistan Travel Guide #14/2010
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Le tourisme écologique au bord de la mer d'Aral

Author Nevill McBain
Photos Peter Reddish

Les déserts d'Ouzbékistan Kyzylkoum et Karakoum proposent aux visiteurs une ambiance merveilleuse dans laquelle les horizons s'étendent aux lointains infinis et l'agitation des marchands de tapis à Boukhara et Samarkand est loin derrière. Ici on peut vivre dans ces yourtes traditionnelles des nomades et voyager sur des chameaux ou des chevaux, mangeant près des feux et jouissant des chansons folkloriques traditionnelles sous les étoiles. Pour les amateurs d'aventures lointaines, il est possible aussi de traverser le désert et d'atteindre les bords de la mer d'Aral. Une occasion qui ne se présentera plus longtemps.

L'Aral était le quatrième parmi les plus grands lacs dans le monde, mais à présent il est le huitième. Dès 1960 il a perdu plus de 60% de sa surface et 80% de son volume. Le niveau de la mer est tombé à dix huit mètres à cause de l'intensité du système d'irrigation dirigeant les flux vers les cultures et particulièrement celle du coton. 90% du flux naturel de l'eau des montagnes du Tian-Shan passant par les fleuves Syr Darya et Amou Daria, ou laxarte et Oxus comme on les appelait autrefois sont utilisés. La réduction du lac était décrite comme le pire accident techno gène écologique sur la planète et a amené à l'effondrement complet de l'industrie poissonnière, qui produisait 44 000 tonnes de poisson par an. Le bord sud à présent s'est retiré de 150km et selon certains calculs le lac peut entièrement disparaître vers 2015. Le long de l'ancienne ligne du littoral le sel s'accumule à cause de l'évaporation. Diffusé par les vents du nord-est il a provoqué une désertification rapide causant des dommages agricoles et ayant des conséquences sérieuses pour la santé des communautés locales. De l'avion allant à Noukous la plus grande des villes voisines, le sel recouvrant la terre ressemble à de la neige.

La plupart des visiteurs souhaitant observer le déclin dramatique de la mer d'Aral, le font à bord d'un avion pendant de courts vols aller et retour à partir de Noukous. Nous avons décidé d'y aller en voiture et d'établir notre camp au bord de lamerd'Aral. A trois heures de route de Noukous, nous arrivons à Mouynak, autrefois un port prospère avec une flotte privée de bateaux de pêche et une
conserverie, et maintenant perdue au milieu du désert à 150km du littoral. Une petite communauté vit encore à Mouynak où les bateaux de pêche rouillent, éparpillés dans les sables. Visuellement dramatique cette impression bouleversante d'isolement nous montre la possibilité potentiellement destructrice de la négligence humaine envers l'écologique. Les autochtones disent que si chaque technocrate étranger, journaliste ou curieux avait apporté avec lui un seau d'eau, la ligne du littorale serait là où elle se trouvait il y a quarante ans. Leur humour noir c'est tout ce qui leur reste. De Mouynak par une voie complexe, le long de détours parsemés d'eau douce, dans des gisements désertiques et en haut un remblai dans le terrain inculte où on ne voit que des installations à gaz inclinées comme des tas de vieux copeaux et les éperviers volant au-dessus de nos têtes. Le craquement sous les pieds à la sortie de la voiture est produit par des millions de coquilles marines. C'est un signal qu'il y a seulement une quarantaine d'années toute cette place était couverte d'eau jusqu'à l'horizon. Après cinq heures de route à travers l'ancien fond marin nous avons atteint le bord d'un remblai et à ce moment-là nous nous sommes rendus compte que nous regardions la mer d'Aral. À mesure que le brouillard se dispersait c'était très beau et très touchant de regarder le bleu sombre et la réflexion du soleil sur les ondes. L'Aral était encore vivant et avait l'air du combattant blessé et abandonné à son sort.

La  poussière et la chaleur pendant  le voyage dessinaient des courbes à l'air particulièrement attrayantes. Nous nous dirigeons précipitamment vers le littoral. Au lieu d'une grève, nos pieds marchaient sur la croûte de sel et en dessous une couche dense de vase collante, qui embarrassait l'approche vers l'eau. On dit que le contenu des substances minérales dans l'eau à présent est sept fois plus élevé qu'il y a 40 ans et que la cause de la formation de la vase est la concentration grandissante du sel mélangé avec les restes des pesticides et des engrais des champs de coton. C'était une possibilité unique, et puisque l'éducation des enfants au titre de père est déjà passée, j'ai pensé : quel préjudice pourrait être causé ou survenir pour eux! J'ai avancé, mes pieds nageaient profondément dans la boue sombre, grise mais enfin j'ai commencé à nager avec la bouche serrée, seul dans ce paysage immense, naturel, au milieu du désert entre la mer le ciel. La concentration de sel dans l'eau était telle que quand je suis revenu au bord et que je me suis essuyé, j'étais entièrement couvert d'une fine couche de poudre blanche salée ce qui représentait de très grands inconvénients jusqu'au moment où j'ai pris une douche avec de l'eau en bouteille.Cette nuit nous buvions un vieux malt près du feu et nous nous sentions minuscule sous l'avant-toit extraordinaire des étoiles scintillantes, mais on sentait aussi que c'était un privilège unique de se trouver dans cet endroit. Nous nous sommes réveillés à l'aube étonnés et c'est avec beaucoup de sentiments que nous avons pris congé de la mer d'Aral. Nos guides ouzbeks étaient étonnés des distances parcourues par les étrangers pour trouver des endroits désertiques, mais nous étions très contents après cette longue randonnée et cette nuit bien arrosée au fur et à mesure que nous nous dirigions vers le bruit sur le chemin de la maison.

Discovery Uzbekistan #4

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